Dans les dernières semaines je me suis donné un « petit » défi semi-professionnel. Je voulais mettre à l’épreuve l’intelligence artificielle afin de mieux maîtriser la bête, en lui faisant faire un projet de A à Z.
Alors c’est ce que j’ai fait sur mes temps libres, et tout absolument tout (sauf une piste musicale) a été généré par l’intelligence artificielle, sous mes commandes. Tout a été vérifié, surveillé, ajusté.
Quoi de mieux, pour ce défi, que de réaliser un jeu en 3D? Et quoi de mieux que faire un remake d’un classique avec une twist? J’ai choisi Pac-Man, un jeu facile à jouer et à comprendre, et j’y ai ajouté une vue à la première personne.
À chaque détail qui allait dans une mauvaise direction, je reprenais les commandes, sans toucher au code ou presque, et ce tant que le résultat n’était pas fidèle à ce que j’avais en tête. Parfois je recommençais une section entière.
Cet exercice a été concluant : le jeu existe, mais m’a aussi démontré que ma job n’est pas en jeu, loin de là. On a encore besoin des humains, et c’est rassurant. Si j’avais laissé l’IA faire, le jeu aurait été médiocre.
Le métier de programmeur change sous nos yeux. On sera moins appelés à écrire du code, mais à jouer les chefs d’orchestre, et à faire de la révision de code généré. Rien ne doit être laissé au hasard.
Certain·e·s diront que l’IA c’est mal, et je vais leur donner raison si elle est utilisée pour justement se soustraire des humains. Si c’est pour se prétendre artiste ou programmeur, le seul résultat sera de la mediocrité à grande échelle.
Et j’ai décidé d’embarquer dans le bandwagon de l’IA parce que ne pas le faire m’aurait conduit directement à l’obsolescence, tout comme les gens qui ont été réfractaires au début d’Internet dans les années 90.
C’est justement la différence entre une bonne utilisation et tout le caca généré qu’on voit chaque jour. C’est disponible pour tout le monde, mais ce n’est pas fait pour tout le monde, et ce n’est pas un raccourci pour sauter l’apprentissage.
L’IA ne doit jamais remplacer le jugement ni l’expression artistique. Elle doit le servir, et non l’inverse. S’en servir tout croche peut être aussi dangereux que de courir avec un couteau dans la foule.
L’IA est là pour rester, mais on doit absolument la maîtriser. Premièrement pour ne pas en avoir peur, mais surtout parce que c’est un outil qui nous permet, en tant que professionnels (surtout les entrepreneurs solo), d’aller plus loin, plus vite, sans baisser la qualité — à condition de rester aux commandes.
Oh, et si le jeu test (Pac-Man en 3D) en question vous intéresse, il est disponible sur itch.io. Il est jouable en français, anglais (et espagnol, mais pas corrigé) sur Windows, Mac et Linux. C’est fait avec amour… et beaucoup de prompts.
Vous m’en donnerez des nouvelles!